Alvaux (ferme/moulin)-Bossière

Au Moyen Âge, le comte de Namur était propriétaire du moulin d’Alvaux. En 1628, il fut donné, par Philippe IV d’Espagne, entre autres propriétés, à Jean ‘t Serclaes, comte de Tilly, qui était seigneur hautain à Bossière. A la fin du 18e, à la révolution française, il devint la propriété de J.Bauchau, tanneur à Namur.

Il s’agit d’un moulin banal; dans d’autres termes, cela signifie que tous les habitants de la Seigneurie (ou du ban) devaient y faire moudre leur grain sous peine d’amende. En 1787, les habitants de Beuzet refusèrent de reconnaître la banalité du moulin. Le moulin était occupé en 1771 par le meunier Mertens. Ce meunier fit l’objet d’une plainte du bailli de Bossière auprès du Trésorier Général du fait qu’il ne voulait pas utiliser les poids et balances imposés par l’Autorité.

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carte postale sur Delcampe.net – auteur inconnu © droits réservés

Située dans la vallée de l’Orneau, à proximité de Mazy et de Bothey. Elle a été construite en pierre bleue et en brique chaulée.
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source DG04 – SPW

Sur le pignon nord-ouest du logis, un écu porte « Charles de Romrée mit la première pierre l’an 1818… ». D’autre part, sur la grange, on peut lire: « Florence de Meldeman mit la première pierre.1810 ». Dans le quartier d’Al Vau, on a extrait jadis du plomb et aussi du calcaire qui fut destiné aux fours à chaux.
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source DG04 – SPW – vers 1974

Vue en arrivant du pont de chemin de fer – A gauche le fournil, à droite la ferme

Par Louis-Jean Reygaerdts

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On  voit, sur la droite, la première implantation de la marbrerie fondée vers 1860 par Joseph Etienne (1827-1895) . On peut y apercevoir l’ancien fournil en face de la ferme et le four à pain à l’arrière (les deux toits plus noirs au centre, aujourd’hui disparus) .
Le fournil était séparé de la ferme et du moulin par la route à cause des risques d’incendie. La marbrerie profitait sans doute de la roue du moulin pour faire fonctionner les machines avant l’arrivée de l’électricité dans la nouvelle usine après 1913. On voit bien l’ancien cours de l’ Orneau qui vient du milieu de la photo à droite et qui suit la ligne d’arbres au pied de la butte de la prairie vers la gauche.

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Nous blanchissions l’entièreté du corps de ferme à l’époque …!
Comparez.la photo précédente avec celle-ci.! On voit bien la construction à gauche de la grange que nous appelions « le Manège » (aujourd’hui disparu). C’était une construction circulaire avec un mât central dans laquelle on faisait tourner les boeufs ou les chevaux pour piétiner le froment afin d’en extraire les grains… Une tout autre époque !

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Et dix ans plus tard vers 1967-68…Le hangar fut construit vers 1959-60, après démolition des deux derniers hangars de la marbrerie qui étaient inutilisables car ils tombaient en ruines. Le corps de ferme, à droite en entrant dans la cour, fut en partie démoli en 1974 pour des raisons de sécurité. En effet, la partie droite longeait le cours du bief de
l’ Orneau et il était fortement dégradé. Cela permettait de cette façon d’agrandir la cour de ferme et facilitait le passage vers le hangar et la future étable qui sera accolée de ce côté du hangar (non visible ici). Cette photo  permet également de souligner que le cours de l’Orneau a été redressé dans les années 60 à cause des fréquentes inondations dont la ferme était très souvent victime; j’ai connu plus d’un mètre d’eau dans la maison…!
Le cours de la rivière partait du haut de la photo en haut, se dirigeait alors vers les vaches dans la prairie pour filer tout droit vers le pignon droit du moulin. Il longeait ensuite les étables de droite par un bief, traversait sous la route, et on peut voir ici le reste du cours à ciel ouvert dans la prairie +/- au milieu à droite. Lorsque le moulin ne fonctionnait pas, l’ Orneau repartait vers la droite « au-dessus » du hangar et regagnait le cour actuel à 50 m du pont.

Un mot à propos du jardin; il était immense et faisait plus de 60 m de long ! Il y avait 4 grands carrés comme ceux qu’on peut apercevoir et je peux vous dire que j’ai passé de belles heures à désherber étant enfant. Ce potager nourrissait largement la famille.
On voit un ruisseau sur la gauche de la route au coin du bois; il passait sous la route et le petit bosquet de lilas à côté de la grange, longeait le côté gauche du jardin pour alimenter un abreuvoir tout au bout. Le ruisseau revenait ensuite en longeant l’autre côté du jardin et se jetait dans le bief au coin du moulin. Cette eau était très claire et cela entraînait le fait que des épinoches s’ébattaient en quantité dans le bief. A propos du ruisseau devant la ferme : il passait sous la route au niveau du double poteau électrique, (on voit une trace plus foncée de macadam sur la route), il coulait le long de la prairie, passait canalisé devant le fournil et aboutissait dans l’ancien bief qui traversait la prairie pour regagner l’Orneau (cf +/- milieu de la photo à droite). Il a été canalisé en 1974. Il y avait une vanne, dans le bois à gauche,qui permettait de le détourner complètement ou en partie (le plus souvent) pour alimenter l’abreuvoir au bout du jardin.

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On devine le cours ancien de l’Orneau grâce aux tas de terre devant la grue; il continuait vers le pied du peuplier pour gagner le pignon du moulin. On aperçoit également les deux vieux hangars en pierre de marbres dont celui de gauche avait le pignon éventré. (+/- 1960-63 )

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On observe ici la chute d’eau et son ancien mécanisme de vannes pour diriger le cours d’eau vers la roue du moulin à droite (non visible). Le cours normal dévalait la chute et se dirigeait directement derrière le nouvel hangar vers le pont. On remarque également à droite les deux derniers vieux hangars de l’ancienne marbrerie; observez la vétusté des toits et le mur de pignon central effondré…

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L’ensemble de la ferme d’Alvaux – photo L-J  Reygaerdts – 25-08-2018

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La grange – photo L-J Reygaerdts – 25-08-2018

Sur le mur de gauche, entre les deux premières portes, on devine le tracé du toit de l’ancien « Manège ». Ces trois portes ont été cassées dans le mur vers 1973-74 pour faciliter le déchargement des remorques de foin et de paille. Les trois portes coulissantes avaient été réalisées par le menuisier Isidore Philippot de Bossière. En effet, l’ancienne porte devenait trop étroite pour les grosses remorques et le passage de grange avait été voûté pour gagner de la place de stockage.

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photo L-J Reygaerdts – 25-08-2018

On voit bien ici le reste des anciennes étables à droite de l’entrée de la cour de ferme, transformé en logement actuellement. Avant, c’était un atelier.

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photo L-J Reygaerdts – 25-08-2018


L’ancien moulin (démonté pendant l’hiver 1975-76) se situait dans la partie droite de la maison, à la place des deux fenêtres du haut et du bas. La protection du patrimoine n’existait pas, ou était beaucoup moins active…malheureusement ! Ce moulin comportait quatre doubles meules marquées par un écusson de La Ferté-sous-Jouarre ( ville française connue pour son industrie meulière), plus ou moins en forme de croix de Malte.

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                                                         photo L-J  Reygaerdts – 25-08-2018

Petite stabulation libre construite vers 1973-74. Cette prairie était un verger dans les années 50; les pommes étaient délicieuses et se gardaient longtemps…
On aperçoit dans le fond à droite la maison occupée par la famille Gowenko 1950/65 ? .

GALERIE pour voir en grand…

 

Sources:

La nouvelle commune de Gembloux –  J. Toussaint – Editions de l’Orneau – 1980 – p. 57
DG04 – SPW – Patrimoine Wallon
Wikipedia.fr.
Remerciements à Louis-Jean Reygaerdts – JM Masson – Pierre Fourneau

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