Sucrapaille

Cette usine, était située entre la chaussée de Tirlemont, toute proche, et la gare de Sauvenière, près du carrefour dit « Malakoff ». Elle est née comme « Sucrerie de Sauvenière » aux alentours de 1875 (1). Elle est reprise après la guerre 1914-1918 par la s.a. Sucrerie Notre-Dame d’Oreye. En 1925, Roger Van Cutsem devient directeur de l’usine. Issu d’une vieille famille anversoise de notables, lui-même juriste, il se marie à Waremme, le 13 juin 1919, avec Elvire Roberti (1900-1971), cinquième enfant d’Auguste Roberti (1866-1945), administrateur-délégué de la Sucrerie Notre-Dame à Oreye, et d’Elvire Percy (1870-1948). Il crée une entreprise pharmaceutique, Triosol, née à Sauvenière, qu’il implante par après à proximité de la gare de Chastre en 1939, avant de l’installer à Maisières en 1943. C’est aussi en janvier 1939 qu’il quitte Sauvenière et Sucrapaille. Il s’établit alors avec sa famille au château Le Docte à Chastre. Après la famille Roberti, la famille Poswick qui y est liée par mariage, va diriger l’entreprise. Jules Poswick (1899-1950), épousera en effet Marthe Roberti (1902-1959) en 1922 et deviendra directeur en 1944.

Portrait de Roger van Cutsem (1897-1963), par Marie-Thérèse Heyvaert.
Huile sur toile, 1967. (Collection Jean-Marie van Cutsem).

L’usine vers 1950 – Delcampe.be
Un chariot dans la cour de l’usine dans l’entre deux guerres

Chaque jour, 40 wagons de mélasse arrivaient en gare de Sauvenière, en provenance d’Oreye ou de Hoegaarden. Pendant les mois d’été, d’autres wagons de paille étaient acheminés vers Sauvenière. Par ailleurs, une quinzaine de wagons avec le produit fini (environ 70 tonnes) quittaient l’usine journellement pour être acheminés vers les acheteurs. La cour de l’usine avait donc dû être aménagée avec plusieurs voies ferrées raccordées au réseau, pour permettre le travail de l’entreprise qui compta au moins 50 travailleurs.

Sur cette publicité dessinée de 1920, on voit bien sur la droite, la gare de Sauvenière, sa proximité directe avec l’usine et les voies ferrées de pénétration sur le site de Sucrapaille. Dans le coin supérieur gauche, la chaussée de Tirlemont. A l’avant-plan, juste à droite du mot « Maxima » on voit le dessin d’un poteau et une construction en hauteur qui est la cabine électrique qu’on peut encore voir de nos jours à l’entrée de la propriété (ci-dessous).

Google Street

Le personnel, les cadres, la famille en avril 1944 (2)

La production qui a donné son nom à l’entreprise est un fourrage pour chevaux et bovins, sorte de friandise composée de paille hachée et de mélasse de sucre.

LA MARQUE

La marque « Sucrapaille » a été déposée par la Sucrerie Notre-Dame d’Oreye, le 18 juillet 1912 sous le n° 12573 dans la publication officielle, de la même année, du Bureau International de l’Union, les Marques Internationales, en vertu de la Protection de la Propriété industrielle.

LA ROSERAIE

Le château de la famille Poswick  à Sauvenière, jouxtant l’ancienne usine Sucrapaille dont elle est propriétaire. Elle portait le nom de « Roseraie »

 Le château a été le siège d’un incendie de toiture le 30 août 2016 (voir Vers l’Avenir – photo © VA)

Auparavant, l’usine avait été le siège déjà d’un incendie. C’était le 18 mai 1965 vers 21h00. Sur place 18 pompiers volontaires gembloutois s’occupent de défendre les silos. Des renforts sont demandés au service 900 vers 21h20; les pompiers volontaires d’Eghezée sont sur place à 21h45 et à 21h49 arrivent 11 pompiers volontaires de Saint Servais. Les renforts se sont chargés de couvrir les 350 tonnes de paille en feu et sont restés sur place jusqu’au 19 mai à 02h15 lorsque tout risque d’extension fût écarté. Les pompiers de Gembloux ont organisé une garde de surveillance jusqu’au 21 mai à 23h00. (Philippe Segers)


Sources :

– Delcampe.be
Gares belges d’autrefois.
– Collection Jean-Marie Van Cutsem
Généalogie Roberti
Chimie nouvelle, N° 129, décembre 2018
– Google Street
Internet Archive, Marques internationales.
Journal L’Avenir – 31-08-2016

(1) DuBostP. C. Voyage agricole en Belgique. Dans BarralJ.-A. (dir.) Journal de l’agriculture, Paris, juil.-sept. 1875, T. 3, pp. 51-55.
(2) R.Delooz – Les Villages de Gembloux – 1988

Remerciement : Philippe Segers



Réalisation : Jm Gilles – janvier 2021

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