Sellier Félix

Félix naquit à Spy le 2 janvier 1893 au sein d’une famille nombreuse : il était le 7ème des 13 enfants de Victor Joseph Sellier, natif de Bossière, qui exerça la profession de journalier, puis de houilleur et de Clémence Rinchard de Spy. Son frère Fernand vit le jour le 27 juin 1889 à Spy. Ce fut lui qui communiqua le feu sacré, tout jeune, à Félix. Fernand comme coureur cycliste promettait d’être supérieur à Félix, mais un bête accident vint interrompre sa carrière déjà brillante et il dut renoncer au sport.

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En 1909, Félix fit ses débuts en « tous coureurs ».

« Mes débuts, je les ai faits à la ducasse des Isnes. Les succès de mon frère me grisaient. En effet, cette même année 1909, Fernand quittant les circuits ruraux, venait de gagner la course Paris-Bruxelles. Il existait déjà à cette époque une Ligue Vélocipédique Belge, mais une autre ligue dont le nom m’échappe, organisait la grande compétition dans les deux pays. Ah ! Je devais à tous prix me montrer digne de mon frère. Je participai donc à la course qui se déroulait autour des Isnes. Il faisait un temps superbe. Sur tous le parcours, c’était un monde fou. Toutes les toilettes d’alors qui nous paraissent tellement surannées aujourd’hui : hommes en jaquette ou en veston long, portant le canotier ou le chapeau melon, femmes aux jupes extrêmement longues, aux blouses dont le col atteignait le menton, aux chapeaux énormes. Et les badines et les ombrelles ! Un vélo coûtait très cher, en 1909. J’en avais loué un. Les machines pesaient de douze à treize kilos. Elles portaient des boyaux de 800 grammes dont la crevaison était chose fréquente« . « Et dire, plaisante Félix, que nos coureurs modernes se plaignent de leurs boyaux de 175 grammes et de leurs vélos légers comme des plumes ! Il y avait aux Isnes des coureurs issus de différents villages voisins. Ceux de Namur m’encourageaient, ils me poussèrent même un peu au départ. Eh bien, ce jour-là, je ne fis pas grand chose et cela s’annonçait même plutôt mal. Allais-je renoncer à marcher ou plutôt rouler sur les traces de mon frère, Non, je m’inscrivis comme participant à d’autres courses locales, améliorai ma technique, si je peux employer ce mot-là pour un débutant d’alors. Toujours est-il que je terminais 1909 avec neuf prix. J’étais lancé ! Et les années se succédèrent. En 1910, j’obtenais onze premiers prix. En 1911, dix huit. En 1912, vingt trois. En 1913, cinquante huit. Cette fois, mon entourage me considérait déjà comme un champion en herbe. Mon palmarès de 1914 indique 29 premiers prix. On devine ce qui provoqua cette chute. J’allais accéder au grade d’indépendant lorsque la guerre éclata. Je ne possédais pas encore mon propre vélo« . (Félix SELLIER)

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Tour de France 1921 – Vainqueur de l’étape Strasbourg-Metz

 

En 1920, Félix Sellier quitte le métier de mineur et devient coureur professionnel. Il vient s’établir à Gembloux avec son épouse Bertha Tréfois et ouvre un magasin de vélos. Durant l’année 1921, il poursuit sa chasse aux victoires et étoffe son palmarès. Et commence alors pour lui une brillante carrière.

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Au Tour de France, début des années 20

 Pendant la course, Felix se fait renverser par une automobile et se fâche vertement contre son chauffeur, à ses côtés Emile Masson senior.

En 1955, Monsieur Gruslin, Gouverneur de la Province de Namur, remit à Félix, alors Président du Vélo Club Gembloutois, le brevet de « Royal Vélo Club Gembloutois ». Le dévouement de Félix fut sans borne dans la vie du vélo club. Il en était d’ailleurs le grand animateur et poursuivait infatigablement son travail de prospection, aidant de nombreux jeunes espoirs qu’il avait amenés au sein du club

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carte postale non datée

 Réception de Félix Sellier au Vélo Club de Gembloux, place de l’Orneau.

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A droite de la photo, avec une roue de vélo comme enseigne (coin supérieur droit), on voit le magasin de Félix Sellier, qui par après, lors de la démolition des maisons de droite, s’est retrouvé de l’autre côté de la place de l’Orneau, près du café du Grand-Duché.


sellier6Lors d’une course en 1932 – Chaussée de Wavre à Gembloux

 

Début 1964, les époux Sellier fêtaient leur noce d’or.
L’édition de « Vers l’Avenir » du 25 février 1964, annonçait l’évènement : « Une noce de platine et quatre noces d’or seront célébrées, samedi, à Gembloux. Parmi les jubilaires, figure l’ancien champion cycliste Félix Sellier. Monsieur Félix Sellier est né à Spy le 2 janvier 1893 ; son épouse Bertha Tréfois a vu également le jour à Spy, le 18 décembre 1897 où ils unirent le 28 février 1914, leurs destinées. Ils élevèrent un fils, Victor, qui trouva la mort sur les bords de la Lys en 1940. Ils ont un petit fils. Monsieur Sellier fit une brillante carrière de cycliste. Deux fois champion de Belgique, vainqueur de nombreuses classiques belges et étrangères, il remporta trois fois consécutivement l’épreuve Paris-Bruxelles. Félix fut une grande vedette du sport cycliste de l’époque. Aujourd’hui, il reste le grand animateur des courses de la région, le dirigeant toujours dévoué du Vélo Club Gembloutois« .


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photo crédit: Jean-Marie Letailleur

 

Le 16 avril 1965, Félix tirait sa révérence et allait rejoindre les autres « Géants de la Route ». On retiendra de Félix Sellier l’image d’un routier d’une robustesse, d’une endurance à toute épreuve et aussi très rapide au sprint. Véritable « terreur » à ses débuts dans les épreuves régionales de non licenciés, après être descendu dans la mine jusqu’au moment où il devint professionnel, il s’est édifié en 10 ans de temps, un palmarès prestigieux et reste encore à l’heure actuelle, avec Octave Lapize, le seul coureur à avoir triomphé trois fois consécutivement dans Paris-Bruxelles.

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la Une de L’Auto, du 27 juin 1926

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Témoignage

Anecdote relatée par Marc Delforge qui lui a été rapportée par son oncle Marcel ANDRE
natif de Corroy-le-Château (1915-2006)

« Vers 1925 il était courant que des aviateurs, souvent vétérans de la Grande guerre, exécutent en public un « show » à l’occasion de fêtes de village ou autres foires. Le spectacle se déroulait généralement ainsi : –  un appareil ( souvent rescapé de 14-18) exécutait des acrobaties aériennes plus ou moins spectaculaires,

–  un seconde machine proposait des baptêmes de l’air,- des sauts en parachute, parfois exécutés par des dames, clôturaient le spectacle.Il se trouve que Félix Sellier s’envola pour un baptême de l’air avec, entre les jambes, des liasses de feuillets publicitaires pour promouvoir son commerce de la place de l’Orneau.Son idée était de larguer et de disperser cette réclame à bonne altitude, au dessus de la foule curieuse du spectacle. Une publicité originale et qu’il espérait rentable.Lorsque l’avion eut atterri l’homme tenait toujours ses feuillets bien ficelés, entre les jambes. Il déclara tout simplement que la peur l’avait paralysé… »

 

 

GALERIE… pour voir en grand..

Sources et documents

Archives de son petit-fils Sellier de Limal
Les armes secrètes du mineur (en néerlandais)
Michel Noël – Mémoire du Cyclisme
Carte postale Delcampe.net
http://www.spaarnestadphoto.nl
Document de famille Martine Guillaume
Remerciement Marc Delforge.

© Jm Gilles 2019

 

 

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